Rêver et croire pour oser, vite !

Vœux 2020

Je rêve d’un monde où croire serait encore possible.
Croire que l’on peut changer le cours des choses,
Croire que l’on peut combattre avec des mots et des idées,
Croire que l’on peut s’unir contre la bêtise, l’infamie, l’obscénité, l’injustice et la barbarie,
Croire que la poésie ou la musique est une force qui peut soulever des montagnes, éteindre les incendies, unir les peuples, sauver le monde, notre monde, Ô le plus merveilleux des Mondes !

Je rêve que je pourrai encore écrire ici des lignes empreintes d’espoir, que je pourrai encore lire les plus belles œuvres, admirer des images éblouissantes de force et de beauté, m’enivrer sur les mélodies les plus douces comme les plus folles, et m’émerveiller de ce monde enchanté dans lequel nous vivons.

Je rêve de croire encore en nos forces vives, humaines, politiques, sociales, philosophiques, et qu’elles justifient que nous nous rassemblions encore dans une même idée ; plus de conscience, plus de justice et plus d’équité.

Je rêve que « progrès » soit un mot qui ait enfin un sens et un avenir, qui ne soit pas synonyme de plus de ravages, humain ou environnemental, d’aliénation et d’anéantissement de la pensée, d’exploitation des uns pour le plaisir des autres, d’une course effrénée pour toujours plus de profit à court terme au bénéfice d’une poignée de puissants.

Je rêve d’écouter encore longtemps le chant des merles et des rossignols les printemps à l’aube, de sentir l’humus des forêts en automne, le parfum des fleurs de dunes en juillet, et m’amuser de l’écureuil qui court à découvert sur les arbres endormis de l’hiver, de tout ce que l’or ne pourra jamais acheter.

Je rêve de ne jamais rencontrer un koala de ma vie, car il serait ici en captivité, dénaturé, ou sinon j’aurai failli à ma promesse de ne plus prendre l’avion pour une envie d’exotisme à un prix tellement cher payé ; mais je rêve qu’ils soient encore nombreux, là-bas, dans leurs forêts d’eucalyptus.

Je rêve de pouvoir m’enchanter de la beauté du monde où la notion de peuple aurait tout son sens : plus d’entraide, plus de conscience, partage des savoirs, union des forces, respect du vivant et justice sociale.


Je rêve que l’on cesse de croire que la technologie nous sauvera de notre inconséquence ; mais de solutions pour laisser un monde encore merveilleux aux générations actuelles et futures, sans l’inconscience de croire que ces innovations nous permettront de ne rien changer aujourd’hui. Car ne nous leurrons plus, l’état des lieux est fait depuis longtemps et si réparer est peut-être encore possible, continuer ne l’est assurément plus.

D’aucuns me diront que je suis une mauvaise communicante pour écrire de tels vœux en ce début d’année, que je suis plus folle encore d’envoyer ces lignes à mes clients, que je suis fleur bleue ou que j’ai l’esprit trop noir. Je ne peux pas écrire autre chose, je ne veux pas ne rien écrire, j’écris ces lignes parce que nous ne pouvons plus ignorer ; pourtant, parce que c’est plus vital que jamais, nous avons besoin de croire encore, or il n’est pas possible de croire sans conscience ni connaissance.

En 2017, je reprenais les mots d’Albert Kahn « Oubliez tout ce que vous avez appris, gardez les yeux ouverts ». En 2020, je ne peux qu’écrire « ouvrons les yeux, vite ! » et je souhaite que nous pesions enfin le poids de nos actes, de nos pensées et de nos choix, tous ensemble, pour le meilleur des mondes.
Pour que cette année et des milliers d’autres à venir puissent être plus belles les unes que les autres… Je vous envoie ces vœux et je veux croire que je peux les rêver avec le plus grand nombre.

Renke Communication